La maladie de CHAGAS ou TRYPANOSOMIASE sud-américaine

Barcelone/Genève, le 19 mai 2009 – L’Organisation mondiale de la Santé
(OMS) a écourté la rencontre annuelle de ses ministres de la Santé en
raison des préparatifs pour la grippe A (H1N1) et a reporté les discussions prévues sur la maladie de Chagas,
une maladie endémique tropicale  négligée dans beaucoup de pays latino-américains, qui touche approximativement 16 à 18 millions de
personnes et cause environ 15 000 morts chaque année.

Médecins sans Frontières ( MSF) qui s’est engagé dans la lutte contre cette maladie dans le Honduras, le Nicaragua, la Bolivie et le Guatemala depuis dix ans s’ alarme vivement de ce renvoi.

« En mettant l’accent sur la prévention, on ignore les besoins des
personnes déjà infectées et qui souffrent en silence. Dans les pays
endémiques, les gouvernements devraient effectuer des dépistages,
diagnostiquer ( et traiter beaucoup plus de patients », a affirmé Gemma
Ortiz, agente principale des politiques de témoignage pour la maladie de
Chagas à MSF. « L’accès aux diagnostics et aux traitements doit être une
priorité. »

MSF conseille également aux États membres de l’OMS d’envisager de nouveaux
mécanismes de financement, comme l’attribution de fonds, pour stimuler la
recherche et le développement de meilleurs outils pour diagnostiquer et
traiter les patients atteints de la maladie de Chagas, et ce, pendant
toutes les phases de la maladie. 


La maladie de Chagas, découverte il y a cent ans, est une infection parasitaire, transmise par une punaise hématophage, le triatome qui vit dans les fissures des vieux murs  et des toîts. Elle sévit sur le continent américain depuis le sud des USA jusqu’en Amérique Latine (Brésil avant tout) où 90 millions de personnes sont exposées au parasite Trypanosoma cruzi. L’infection chronique peut, de plus, être transmise par transfusion sanguine, par l’allaitement et par voie transplacentaire: elle est incurable, souvent invalidante et parfois mortelle.

Après une incubation de trois semaines (le patient se contamine lors du grattage) se développe une phase aigue avec fièvre, oédème palpébral, adénopathies, hépatosplénomégalie,; la maladie évolue sur un mode silencieux pendant dix à vingt ans vers la chronicité chez plus d’un tiers des personnes infectées.  Des lésions irréversibles peuvent toucher le coeur chez plus d’un quart des malades (cardiopathies chroniques avec insuffisance cardiaque et risque de mort subite), l’appareil digestif (mégaoesophage et mégacolon), et le système nerveux périphérique ( paralysies, aphasie).

En dehors de la lutte contre l’insecte  vecteur par des insecticides, il n’existe aucun moyen de contrôle de la maladie de Chagas, aucun traitement efficace pour les formes chroniques, ni aucun vaccin. Il conviendrait d’effectuer une recherche diagnostique  généralisée et en particulier  lors de l’organisation des transfusions sanguines.


 

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