Lutte contre la dépigmentation au Sénégal

Nous vous avons souvent parlé de ce problème majeur de la dépigmentation mise en œuvre par de nombreuses femmes en Afrique pour éclaircir leur peau. A Dakar des panneaux publicitaires visibles par tous vantent un corticoïde, ce qui  est vraiment inadmissible…

Le site Afriquejet nous fait part d’une proposition pour lutter contre ce fléau.

http://www.afriquejet.com/depigmentation-au-senegal-plaidoyer-pour-un-cadre-legislatif-adapte-2012091445046.html

 

Santé et Médecine – La dermatologue-vénérologue, Fatimata Ly, a invité les pouvoirs publics sénégalais à mettre en place un cadre législatif adéquat pour la lutte contre la dépigmentation, pour endosser le combat mené contre ce fléau par l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (AIIDA) dont elle est la présidente. « Même si d’autres urgences comme les inondations préoccupent nos gouvernants, il est plus qu’urgent que les autorités de ce pays endossent enfin le combat de A.I.I.D.A » sur la dépigmentation artificielle, a dit le professeur Fatimata Ly dans une contribution transmis à l’APS.

La dermatologue a rappelé que « depuis une quinzaine de jours environ, un nouveau produit le +Khess Petch+ a fait son apparition sur les panneaux publicitaires de la capitale sénégalaise ».

« Sa particularité résiderait dans la rapidité de ses effets : un éclaircissement de la peau en 15 jours. Rien d’étonnant puisqu’il s’agit d’un corticoïde de forte activité : le propionate de Clobetasol », explique la dermatologue.

Cette substance « est un médicament utilisé couramment en dermatologie pour le traitement de nombreuses dermatoses aigues ou chroniques et comme tout médicament, ne devrait être dispensé que sur prescription médicale », a-t-elle précisé.

Pour Fatimata Ly, « les corticoïdes provoquent à la longue une fragilité cutanée, une destruction des fibres élastiques, une inhibition de la synthèse de la mélanine… », entre autres effets néfastes pour la santé.

S’y ajoute que, « comme toute spécialité pharmaceutique, ce produit est régi par la loi 65-33 du 19 mai 1965 du Code de la Santé Publique relative à la préparation, à la vente et à la publicité des spécialités pharmaceutiques ».

Sur cette base, « l’Ordre des pharmaciens et l’Ordre des médecins devraient s’offusquer que le boutiquier du coin exerce leur métier en toute illégalité ». De même, a-t-elle ajouté, le ministère de la Santé et de l’Action sociale, dont « l’autorité est rudement malmenée par toutes ces publicités mensongères sur des produits sanitaires », est aussi interpellé sur ce sujet.

Le « Nouveau type de député prendra à bras-le-corps ce phénomène en protégeant les populations par la réglementation de la commercialisation des produits dépigmentants, en instituant une loi sur la cosmétovigilance », suggère Mme Ly.

La dermatologue dit militer pour « un cadre législatif adéquat (qui) permettra aux autorités douanières de disposer de garde-fous leur permettant d’effectuer en toute liberté leur travail de gardien de l’économie, car le marché des cosmétiques a un impact majeur sur l’économie de la santé ».

APS/13/09/2012

Ne pas oublier les effets systémiques (généraux) des corticoïdes qui se développent très vite si  des applications massives sont pratiquées sur la peau…

Présentation de notre association ANIMA en date du 23 décembre sur ce blog.

Comments

  1. Le site Afrique en ligne :
    C’est une question de santé publique – A L’initiative du «comité de résistance à la publicité contre le Xessal (Dépigmentation de la peau) », une marche allant de l’Université à la Rfm a été organisée, samedi 29 septembre 2012, pour fustiger une publicité qui fait l’apologie de la dépigmentation et attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité de prendre des mesures contre le phénomène.

    Le comité des «Indignés par la publicité sur le Xessal» a appelé, samedi dernier, au retrait des panneaux publicitaires mis en cause, au cours d’une marche ayant démarré à l’Université de Dakar pour se terminer au siège de la Rfm, à la Médina. Ce groupe qui s’est d’abord constitué sur les réseaux sociaux a cherché par ce biais à interpeler les pouvoirs publics «dans l’intérêt du pays et la protection de la nouvelle génération». C’était aussi une occasion pour sensibiliser les populations des artères de la Médina sur les effets nocifs de la dépigmentation, notamment le cancer de la peau. Des tracts ont été distribués tout au long de la manifestation alors et

    Les protestataires ont appelé au dépôt d’un projet de loi actualisée interdisant spécifiquement la publicité des produits éclaircissants, à la publication d’une circulaire de la primature ferme à l’exemple de celle n°93 MINT-SEPH du 10-22-75 et à la mise en oeuvre du décret 79-231 interdisant le Xessal à l’école.

    Au terme de la marche, le comité, a remis une motion d’encouragement à la journaliste Astou Mbène Thioub «pour sa noirceur d’ébène».

    Lancée sur le réseau facebook, la marche n’a enregistré que 58 participants virtuels sur les 618 invités, mais les initiateurs se sont félicités d’avoir «marché, sensibilisé et interpellé le ministre de la culture». Pour eux c’est l’acte posé qui est important et ils ont appelé les autorités à prendre leurs responsabilités pour l’interdiction de ces produits qui constituent un problème de santé publique et «une insulte à l’identité africaine». Si «l’évènement» n’a pas drainé les foules, il est à noter la présence de Fadel Barro, coordonnateur de Y’en à Marre et de photographes professionnels qui ont tenu à apporter leur touche.

    Par Ndéye Débo Seck

    Sud Quotidien/03/10/2012

    http://www.afriquejet.com/publicite-sur-la-depigmentation-au-senegal-2012100346442.html

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